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Modèle de cahier des charges ingénierie

Un cahier des charges d’ingénierie raté ne se voit pas à la signature : il se voit au dimensionnement repris en cours de projet, parce que le bureau d’études et le maître d’ouvrage n’avaient pas écrit la même chose sur les phases et les normes. Voici la structure qui borne la mission, avant la consultation.

Ingénierie & industrieCahier des chargesMis à jour le 13 septembre 20263 min de lecture
Sommaire — 4 sections

En ingénierie, le cahier des charges fait trois choses que le plan ne fait pas : il découpe la mission en phases, il fixe les normes et les hypothèses de calcul, et il liste les livrables de chaque phase. Sans lui, chaque bureau d’études chiffre un périmètre différent, et la comparaison des offres devient impossible.

À quoi sert ce cahier des charges

Il ne décrit pas un ouvrage : il décrit une mission et la façon de juger qu’elle est réussie. Il fixe les phases — avant-projet sommaire, avant-projet définitif, projet —, les hypothèses de dimensionnement et les livrables. C’est lui qui transforme un besoin technique en une question à laquelle plusieurs bureaux d’études peuvent répondre de façon comparable.

Les sept sections du modèle

L’ordre suit la lecture du bureau d’études : le contexte d’abord, le prix en dernier. Chaque section indique ce qu’on y écrit, avec un exemple pris dans une mission de maîtrise d’œuvre technique.

  1. 01

    1. Contexte de l’ouvrage

    Le site, la nature du projet, les contraintes. Exemple : « extension d’un bâtiment industriel sur un site occupé, contraintes de tenue au vent et de sol argileux ».

  2. 02

    2. Phases de la mission

    APS, APD, PRO, assistance aux marchés : ce qui est attendu et ce qui ne l’est pas. Exemple : « dans le périmètre : APS, APD et PRO ; hors périmètre : direction de l’exécution des travaux ».

  3. 03

    3. Hypothèses de calcul

    Normes, charges, coefficients, hypothèses de dimensionnement. Exemple : « calculs menés selon les Eurocodes, charges d’exploitation conformes au cahier des clauses techniques ».

  4. 04

    4. Livrables par phase

    Plans, notes de calcul, rapports, maquettes. Exemple : « note de calcul complète, plans d’exécution, rapport de synthèse remis à la fin de chaque phase ».

  5. 05

    5. Revues et validations

    Points d’arrêt, relectures, validations. Exemple : « revue de conception à la fin de l’APS, validation écrite avant le passage en APD ».

  6. 06

    6. Responsabilité et assurance

    Étendue de la responsabilité, couverture d’assurance. Exemple : « attestation d’assurance responsabilité civile professionnelle à joindre à l’offre ».

  7. 07

    7. Modalités de réponse

    Pièces demandées, date limite, critères de jugement. Exemple : « références comparables, équipe affectée, prix par phase ; réponse attendue sous trois semaines ».

Les cinq erreurs fréquentes

Ce sont les cinq fautes que l’on retrouve dans les missions qui dérivent ou qui se paient en reprises.

  • Confondre les phases. L’APS n’est pas l’APD, et le PRO n’est pas l’exécution. Chaque phase a ses livrables et son prix ; les fusionner rend la comparaison impossible.
  • Omettre les hypothèses de calcul. Sans hypothèses écrites, le dimensionnement se discute après coup. Annoncez les normes et les charges dès le cahier des charges.
  • Laisser les livrables flous. « Les plans » sans précision est une invitation à livrer le minimum. Listez les livrables de chaque phase.
  • Ignorer les revues. Sans points d’arrêt, une erreur de conception se découvre à l’exécution, où elle coûte le plus cher. Prévoyez des revues de conception.
  • Comparer des offres sur des périmètres différents. Un bureau d’études qui inclut l’assistance aux marchés ne se compare pas à celui qui ne la chiffre pas.

Les hypothèses de calcul, à écrire avant de chiffrer

Une note de calcul ne vaut que par les hypothèses qu’elle pose : normes, charges, coefficients, conditions de site. Si le cahier des charges les tait, chaque bureau d’études choisit les siennes, et les prix ne couvrent pas la même chose — l’un dimensionne pour une charge d’exploitation, l’autre pour une autre. Écrivez les normes applicables et les hypothèses principales dès la première version, quitte à les préciser en phase APS : un dimensionnement posé sur des hypothèses communes se compare, un dimensionnement posé sur des hypothèses implicites se discute après coup, au moment où il coûte le plus cher.

Un cahier des charges d’ingénierie tient sur cinq à huit pages : au-delà, le bureau d’études lit en diagonale et chiffre ce qu’il a supposé. Noralym génère ce document à partir du besoin et le diffuse aux bureaux d’études.

Questions fréquentes

Faut-il découper la mission en phases ?
Oui. Chaque phase — APS, APD, PRO — a ses livrables et son prix, et chacune peut être reprise indépendamment. Le découpage rend la comparaison des offres possible et borne les reprises.
Comment fixer les hypothèses de calcul ?
En annonçant les normes applicables, les charges et les hypothèses de dimensionnement dès le cahier des charges. Sans elles, le dimensionnement se discute après coup, au moment où il coûte le plus cher.
Que doit contenir la section « livrables » ?
La liste des livrables de chaque phase : notes de calcul, plans, rapports, maquettes. Un livrable nommé précisément se livre ; un livrable vague se discute.

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