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Une offre informatique écartée laisse toujours une question ouverte : le fournisseur veut savoir si c’est le tarif, la stack ou la disponibilité qui a pesé, et il n’obtient presque jamais la réponse. Un refus factuel, parti dans les jours qui suivent la décision, entretient le vivier ; un silence pousse le prestataire à relancer, puis à vous ranger parmi les donneurs d’ordre qui ne répondent plus.
Le modèle de lettre
Trois motifs d’écart, une phrase chacun
Le motif réel de l’écart se décline en une phrase, jamais en une note détaillée. Le fournisseur veut le critère qui l’a écarté, pas le détail de votre analyse. Dans un marché privé, ne nommez ni le titulaire ni ses tarifs. En marché public, la réglementation impose, sur demande de l’évincé, de communiquer les avantages relatifs de l’offre retenue : suivez le formalisme applicable aux candidats évincés avant d’écrire.
- Écarté sur le prix. « Votre proposition, à coût complet comparable, excédait l’enveloppe allouée à cette consultation. » Vous ne livrez ni le TJM des concurrents ni le détail de leur dossier.
- Écarté sur les compétences. « Le niveau de séniorité attendu sur la stack n’était pas démontré par les missions présentées. » Citez la brique technique, jamais le nom du candidat.
- Hors délai. « Votre dossier est arrivé après la date limite de réponse et n’a pas pu être analysé. » Si le dossier est tardif, dites-le tel quel, sans ajouter un autre motif.
Le cas particulier de la réversibilité
En informatique, le refus doit rester cohérent avec ce que le cahier des charges exigeait en matière de réversibilité et de propriété du code. Si l’offre écartée proposait un dépôt livré et documenté alors que la retenue ne le précise pas, gardez la lettre factuelle : le motif écrit reste le critère, pas la comparaison des clauses. N’évoquez jamais la dette technique d’un concurrent ni vos doutes sur la pérennité de son équipe ; ce sont des jugements qui ne se notifient pas.
Le refus doit aussi refermer les accès : le fournisseur écarté a pu consulter l’environnement de préproduction, des maquettes ou un extrait de code pour chiffrer, et ces habilitations ne servent plus. Révoquez-les sitôt la décision prise, et confirmez par écrit la restitution des éléments remis. C’est le pendant de la réversibilité : la sortie de mission se prépare aussi du côté du dossier écarté, pas seulement de celui qui est retenu.
Ce qui s’écrit, ce qui se tait
La lettre de refus est un acte de gestion du vivier, pas un compte rendu de notation. Elle doit dire le critère, rien de plus, sans exposer le panel ni l’entreprise.
- Écrivez le critère. « Non retenu » sans motif laisse le fournisseur deviner, et il devinera le pire. Un critère nommé suffit à le faire progresser.
- Ne comparez jamais deux dossiers. Dans un marché privé, ni le TJM, ni la stack, ni la composition d’équipe d’un concurrent ne sortent de la salle de dépouillement.
- Répondez vite. Un refus tardif bloque une ressource que le fournisseur aurait pu positionner ailleurs, et vous coûte sa réponse au tour suivant.
- Restez prudent sur le juridique. Ne citez aucune disposition légale dont vous n’êtes pas certain ; un marché public suit son propre formalisme de notification.
Un refus net sert aussi le prochain appel d’offres : le fournisseur écarté sur la stack sait qu’il doit démontrer une mission en production, celui écarté sur le prix sait qu’il doit revoir son coût complet. Si un fournisseur vous relance, redonnez le critère, rien de plus. Noralym génère la lettre à partir du motif retenu et la notifie au fournisseur écarté.
Questions fréquentes
- Faut-il donner le détail des notes au fournisseur écarté ?
- Non. Donnez le critère sur lequel l’offre a été écartée — le prix, les compétences, le délai — mais pas la note, ni le classement, ni la position des concurrents. Le motif suffit à permettre au fournisseur de progresser.
- Que répondre quand le prestataire écarté réclame le détail de la notation ?
- Répondez par la même phrase factuelle que la lettre, sans la développer — ni le TJM des concurrents, ni le classement. Entrer dans la discussion revient à rouvrir l’analyse et à comparer des offres que vous n’avez pas à livrer.
- La lettre de refus diffère-t-elle entre secteur public et privé ?
- Oui. Un marché public obéit à des règles de notification et de motivation propres ; dans le privé, vous restez libre de la forme, mais tenu par la prudence : restez factuel et ne citez aucune disposition dont vous n’êtes pas certain.
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